On transfère un fichier de quelques Mo vers un collègue, le mail le refuse parce que la limite est en ko. On achète un disque dur annoncé à une certaine capacité en Go, Windows affiche moins. On compare deux forfaits mobiles sans réaliser que le Go du contrat et le Go du téléphone ne désignent pas toujours la même quantité.
Ces erreurs de conversion entre ko, Mo, Go et To touchent tout le monde, et la source du problème tient en un mot : la base de calcul.
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Base 10 contre base 2 : la vraie cause des écarts d’affichage
Quand un opérateur mobile annonce un forfait de quelques Go, il utilise la base 10. Dans ce système, 1 Go vaut exactement 1 000 Mo, et 1 Mo vaut 1 000 ko. Les constructeurs de disques durs font pareil : ils calculent la capacité en puissances de 10.
Windows, en revanche, affiche encore les tailles de fichier en base 2. En base 2, 1 Go correspond à 1 024 Mo, 1 Mo à 1 024 ko, et 1 ko à 1 024 octets. L’écart semble faible à petite échelle, mais sur un disque de grande capacité, la différence atteint plusieurs dizaines de Go.
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C’est pour ça qu’un disque neuf semble toujours afficher moins que ce qui est marqué sur la boîte. Le fabricant n’a pas menti : il a compté en base 10, Windows a converti en base 2.

Apple a choisi depuis plusieurs années d’afficher les tailles en base 10 sur macOS, ce qui supprime cet écart. Sous Linux, ça dépend de la distribution et de l’outil utilisé. Les retours varient sur ce point selon les environnements, mais la tendance globale va vers la base 10.
Préfixes binaires Kio, Mio, Gio : une norme que personne n’utilise
La norme IEC a créé des préfixes dédiés pour lever l’ambiguïté. Le kibioctet (Kio) vaut 1 024 octets, le mébioctet (Mio) vaut 1 024 Kio, le gibioctet (Gio) vaut 1 024 Mio. L’idée était simple : réserver ko, Mo et Go à la base 10, et Kio, Mio, Gio à la base 2.
En pratique, presque aucun logiciel grand public n’affiche ces préfixes. Windows écrit « Go » là où il faudrait écrire « Gio ». Les interfaces de smartphones les ignorent aussi. Seuls certains outils techniques sous Linux ou des documentations spécialisées les emploient.
Connaître ces préfixes reste utile pour une raison précise : quand on tombe sur un rapport technique ou une documentation serveur qui parle en Gio, on sait immédiatement que le calcul est en base 2 et que la valeur sera différente d’un Go affiché côté commercial.
Conversion d’octets en pratique : les pièges courants
Voici les situations où l’erreur de conversion crée un vrai problème opérationnel :
- Un formulaire web limite la taille d’upload à un certain nombre de Mo. La documentation MDN précise que les navigateurs utilisent la convention SI (base 10) pour ces limites, comme sous macOS. Si on teste depuis Windows, la taille affichée par l’explorateur de fichiers est en base 2, donc légèrement inférieure au poids réel en base 10. Un fichier qui semble passer peut être refusé, ou l’inverse.
- On compare deux offres de stockage cloud. L’une annonce sa capacité en Go (base 10), l’autre utilise le même sigle mais calcule en base 2. Sans vérifier les conditions, on croit comparer la même chose alors que l’écart réel est notable.
- Un forfait mobile indique un volume de données en Go, systématiquement en base 10. Le compteur de consommation du téléphone peut afficher des valeurs différentes si le système utilise une autre base de calcul. On croit avoir dépassé son quota, ou au contraire on pense avoir de la marge.
La règle simple à retenir pour convertir
En base 10 (constructeurs, opérateurs, navigateurs web), on multiplie ou divise par 1 000 à chaque niveau. En base 2 (Windows, certains outils système), on multiplie ou divise par 1 024. Identifier quelle base utilise l’outil qu’on consulte supprime la majorité des erreurs.

Tableau de conversion octet : ko, Mo, Go, To en base 10
| Unité | Équivalence |
|---|---|
| 1 ko | 1 000 octets |
| 1 Mo | 1 000 ko |
| 1 Go | 1 000 Mo |
| 1 To | 1 000 Go |
Ce tableau correspond à la convention utilisée par la majorité des fabricants, opérateurs et services en ligne. Pour obtenir l’équivalent en base 2, il suffit de remplacer chaque palier de 1 000 par 1 024.
Bits et octets : ne pas confondre débit et stockage
Un octet contient 8 bits. Cette distinction compte surtout quand on parle de débit internet. Les fournisseurs d’accès annoncent les vitesses en mégabits par seconde (Mbps), pas en mégaoctets par seconde (Mo/s).
Concrètement, une connexion annoncée à un certain débit en Mbps transfère environ huit fois moins de Mo/s que ce que le chiffre brut laisse croire. Diviser le débit en Mbps par 8 donne le débit réel en Mo/s, ce qui permet d’estimer un temps de transfert cohérent.
C’est une source de confusion fréquente quand on télécharge un fichier volumineux : la vitesse affichée par le navigateur est en Mo/s, l’offre du fournisseur est en Mbps. Les deux chiffres ne sont pas comparables sans cette conversion.
Fichiers courants : ordres de grandeur utiles
Plutôt que de mémoriser des tableaux complexes, quelques repères suffisent pour estimer rapidement si une conversion tient la route :
- Un document texte classique (quelques pages) pèse généralement quelques dizaines de ko.
- Une photo prise avec un smartphone récent se situe souvent entre quelques Mo et une dizaine de Mo.
- Une vidéo de quelques minutes en haute définition occupe plusieurs centaines de Mo.
- Un système d’exploitation complet ou une bibliothèque de jeux occupe facilement plusieurs dizaines de Go, voire davantage.
Ces repères permettent de détecter une erreur grossière. Si un outil affiche une photo de quelques ko ou un document texte de plusieurs Go, c’est un signe clair d’erreur de conversion ou d’unité.
Le réflexe le plus fiable reste de toujours vérifier la base de calcul avant de comparer deux valeurs. La plupart des erreurs de conversion d’octets ne viennent pas d’un mauvais calcul, mais du fait qu’on compare deux chiffres qui ne parlent pas la même langue.

